vendredi 29 janvier 2016

ELSEWHERE


ELSEWHERE ... il y a de l'esprit ailleurs, en amour, en art, en nu, en disgrâce ... la pensée des hommes m'indiffère, et pourtant ... quand la mémoire est un filtre, mes désirs une autre part, ma solitude un doute, ma sensibilité une inaptitude, et ma fièvre un besoin absolu d'être aimé ... le merveilleux n'est pas ici, il repasera par là, peu importe ... il est en face, toujours en face, l'homme que j'aime ... déchiré ... cette obsession de regarder ailleurs ... ni plus haut ni plus bas ... je suis à cet instant tout un monde ... et je t'emmène avec moi

ELSEWHERE - kOLya San 2016 ©

mardi 26 janvier 2016

AUTOPORTRAIT(s)


La création de la peinture a été rapportée à la vision de Narcisse se contemplant dans son miroir et se réfère donc directement à l’autoportrait. Au-delà de l'introspection, l'autoportrait fut une manière commode d'exercer sa technique, le modèle le plus facilement disponible étant soi-même. Aujourd'hui cette expression est mienne, acquise, vivante (...)

AUTOPORTRAIT(s) kOLya San 2013-2016 ©

mardi 12 janvier 2016

© kOLya San - 2016

© kOLya San - 2016

Il s’éprend de cet être sans corps, confond le corps avec son ombre.
Ebloui, paralysé devant ce visage si semblable au sien, il reste
Pétrifié, une statue sculptée dans le marbre de Paros.
Rivé au sol, il contemple son double (…)

Narcisse et Écho, extrait des Métamorphoses d'Ovide, Livre III

mardi 17 novembre 2015

"Viva la muerte!" beugla un soir de 1936 Milan Astray, le chef hideux des sinistres milices franquistes à la face de Miguel de Unamuno. Le vieux philosophe catholique s'est alors avancé et, bravant une foule assoiffée de sang, a dit en substance d'une voix blanche: "Vous ne représentez aucune civilisation, aucune religion, aucune culture, vous êtes la négation de tout cela, la négation de la vie".
"Vive la mort!" hurlent aujourd'hui les légions d'assassins de Daech. Ils ne sont pas plus l'islam que les phalanges étaient le christianisme. Ils sont les séïdes d'une idéologie politique - le fondamentalisme wahhabite, qu'il faut enfin nommer et combattre - qui se revendique d'une religion. C'est fort différent. Ils sont les hordes de la mort, les petits télégraphistes de la Grande Faucheuse, les apôtres d'un nihilisme que mon père passa sa vie à scruter, étudier, dénoncer.
Lutter, vaincre. Et, c'est notre rôle à tous, sauver cette vie qu'ils veulent détruire. Dire notre amour pour ce monde, cette société, cette ville, ces quartiers ensanglantés. Opposer notre police, notre armée, nos services aux tueurs - c'est crucial et "tendre l'autre joue" n'est pas envisageable- mais créer, aussi, une chaîne de résistance et de résilience entre nous tous. 
Ils veulent rendre impossible toute vie en commun, tout lien social? Alors rencontrons-nous, échangeons sur ce qui nous lie entre nous et ce qui nous lie à ce pays merveilleux que nous avons tous en partage. 
Ils veulent montrer que notre société - mélangée, libre, ouverte - est fragile? Elle l'est, c'est indéniable, mais il nous incombe de faire de cette fragilité une force. En montrant qu'elle résiste à tout, et d'abord à eux.
Il fallait combattre Astray, il faut combattre Al Bagdadi.
Il faut aussi retrouver les mots d'Unamuno. Et, aussi fort qu'ils hurlent à la mort, crier "Vive la vie!"

Raphaël Glucksmann