mardi 10 novembre 2015

lundi 9 novembre 2015

Jiří Kolář

Appartiens-je à la nuit, au jour, au soleil ou aux étoiles ?
Suis-je musique ou silence, homme ou chose,
réel, brun, tout cela
absent, omniprésent ?
Je n’ai que la force de prêter l’oreille à tout cela,
au duo de tout cela... Ne me fais pas attendre,
je mourrai si tu arrives en retard,
nous irons de nouveau seul à seul à travers notre ville bienheureuse,
nous nous coucherons sur notre lit arrosé d’oubli,
j’ôterai de nouveau les étoiles filantes de tes cheveux
et les poserai sur les lèvres, de nouveau je dépouillerai
mon désespoir et me baignerai
dans tes yeux, viens,
nous allons nous promener sur ton corps,
nous oublierons tout, même notre ville,
le ciel au-dessus d’elle et le fait que là-bas
un jour quelque part au-dessus de tout notre ombre reposera,
barbouillée de terre,
le fait que nous ayons appartenu autrefois à un autre que nous-mêmes,
notre faim et notre soif.

Jiří Kolář

jeudi 5 novembre 2015

INDEX


INDEX (indice)

© kOLya San - 2015

... dans la dernière œuvre de Léonard de Vinci on y voit Saint Jean-Baptiste à la figure étrangement androgyne et au sourire ambigu lever son bras droit et dresser son index qui se détache sur un fond uniformément noir, semblant nous inviter par ce signe à écouter le message de l’au-delà, à en déchiffrer l’opacité. Cet index levé est à la place où sur le désir s’écrit la demande silencieuse. Ce qu’il désigne, c’est le signifiant qui est à l’horizon déshabité de l’être. Il ne nous invite pas à regarder la pureté du non-être pour en jouir. Son silence engage à prendre acte de ce vide sans lumière laissé par l’absence de Dieu. (l'index suggère, me tente, m'inspire)

dimanche 1 novembre 2015

« Je suis un sac et dedans je suis des centaines de pierres, mon amour. »

Le Ventre - André Benchetrit